Construction exemplaire efficacité énergétique bâtiments

Les constructions et les rénovations de bâtiments performants à très faibles besoins en chauffage et à très basse consommation sont également dits bâtiment basse énergie ou au niveau « passif » selon les critères du PassivHaus (ou passive house). Ils sont étanches à l’air, dotés d’une ventilation hygiénique, économes en énergie et se passent de climatisation. Ils sont sains, confortables et économiquement avantageux une fois réalisés puisqu’ils empêchent la chaleur de sortir par leur enveloppe et permettent de récupérer de la chaleur par le système de ventilation tout en contrôlant les apports solaires en été. Complétés par le recours aux énergies renouvelables, ils peuvent compenser ce qu’ils consomment, voire produire un surplus d’énergie. Ils sont alors dits bâtiments à énergie positive (BEPOS).

À l’origine créé pour la Règlementation Thermique 2005, le label Bâtiment Basse Consommation (B.B.C.) considère un niveau de performance énergétique des bâtiments préconisant une consommation d'énergie réduite pour le chauffage, le rafraîchissement, l'eau chaude sanitaire et l'éclairage. Depuis, la directive européenne du 19 mai 2010 préconise une approche de bâtiments dont la consommation d’énergie est quasi nulle – nearly zero energy building -, applicable par les 28 états membres d’ici fin 2020 ce qui a pour but d’améliorer l’efficacité énergétique des constructions actuelles et à venir.

Maison passive bbc faible consommation d'énergie
Maison passive

C’est dans cette logique que le choix d’une conception et d’une réalisation au niveau passif offre, entre autres, une réponse efficace et économiquement viable à ce défi. Mais d’autres approches par la thermique appliquée au bâtiment, dont une des caractéristiques est la haute efficacité énergétique, sont également mises en place pour répondre à l’objectif de faire évoluer les règlementations, la dernière en France datant de 2012, suivie par une généralisation en 2013 du label (B.B.C.) d’Effinergie, qui évolue en ce moment sous forme de projet gouvernemental pour une future règlementation Energie-Carbone (E+ C-), prenant également en compte le calcul des rejets et du stockage du CO2.

Dans tous ces cas nous parlerons ici de bâtiments exemplaires, c’est-à-dire emprunts du souci de préservation de l’environnement, en particulier face au réchauffement climatique. Nous retiendrons l’aspect démonstrateur de ces réalisations et il est prévu que leurs consommations énergétiques soient suivies dans le temps pour démontrer le gain énergétique lié à ces nouvelles approches.

Ainsi pour l’ADEME et la Région Grand Est, il s’agira à partir de plusieurs dispositifs Climaxion de soutenir par la démonstration de la généralisation de l’amélioration thermique des bâtiments en accompagnant des opérations ciblées, pour démontrer la possibilité d’un glissement progressif vers des bâtiments au niveau basse consommation ou passifs, comme c’est déjà le cas chez nos voisins européens. Nous visons également pour cela une attention particulière de chacun, de la sensibilisation des maîtres d’ouvrage, passant à la mobilisation des professionnels et leur montée en compétence, jusqu’à l’adaptation des comportements dans les usages. La perception de cette cohérence vise un accord avec les caractéristiques de notre environnement, la pertinence qui en découle sera signe d’exemplarité.

Pour l’appel à projets bâtiments exemplaires au niveau passif Climaxion, nous retiendrons une sélection de bâtiments démonstrateurs de logements collectifs ou tertiaires de plus de 300 m² de surface de plancher, à raison de 20 sélectionnés par an sur le territoire Grand Est, qui pourront participer à cette expérience. Seront mis en avant la faisabilité économique et technique de projets soumis aux règles de la conception passive jusqu’à leur réalisation. Le recours aux matériaux biosourcés et l’optimisation de l’énergie grise seront également spécifiquement valorisés.

Dans ce type de projets, l’impact de l’empreinte environnementale au moment de la réalisation, comme lors de l’exploitation future sera finement étudié pour être réduit au minimum. Cela nécessite une conception innovante et une coopération entre tous les acteurs du projet. Concernant la construction et la rénovation passive, les concepteurs auront recours, en plus du calcul thermique règlementaire obligatoire, à un logiciel spécifique, le Passive House Planning Package (P.H.P.P.) qui permet de vérifier que le projet, au stade de la conception, répond à des critères précis :

  • Un besoin en chauffage réduit à 15 kWh/m²/an,
  • un besoin en énergie primaire pour tous les usages du bâtiment de 120 kWh/m²/an,
  • une excellente étanchéité à l’air,
  • et une température intérieure qui ne doit pas dépasser 25 ° C plus de 10 % du temps de l’année.

Pour cela, les bâtiments seront très bien isolés et étanches à l’air, s’appuyant sur des apports de chaleur naturels, ceux du soleil et ceux de leurs occupants. Bien entendu, on peut ouvrir les fenêtres d’un bâtiment passif à condition de les refermer lorsqu’il fait très froid ou très chaud pour bénéficier des avantages de ce type de conception. Plus généralement, l’air intérieur sera renouvelé et filtré par la ventilation double flux et les calories récupérées par l’échangeur thermique du système avant d’être réutilisées pour chauffer le bâtiment.

Les candidatures seront retenues sur la base de leur programme, et devront intégrer une approche multicritères en complément de la thématique principale de performance énergétique au niveau passif (exigences certes basées sur les critères du PassivHaus Institut, mais labellisation passive non exigée) : qualité de l’air intérieur, énergie grise du projet, management environnemental, gestion des ressources en eau, recours aux matériaux biosourcés. Parmi les critères de choix des projets citons encore :

  • La prise en compte des exigences de l’appel à projets,
  • la reproductibilité de l’opération,
  • la typologie du bâtiment,
  • la motivation du maître d’ouvrage,
  • la crédibilité des moyens mis en œuvre pour garantir les performances finales du bâtiment seront déterminants.

Pour en savoir plus sur le B.B.C. et la construction passive

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