Le Parc national de forêts, avec un cœur de 53 676 ha, composé à 95% de forêts sous protection forte, préserve des patrimoines naturels, paysagers et culturels d’exception, situés à cheval entre les Régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté. Fort de cette richesse, le Parc national de forêts a souhaité s’intéresser au potentiel du biomimétisme forestier et à ses impacts socio-économiques et environnementaux.
Qu’est-ce que le biomimétisme forestier ?
Le biomimétisme forestier est défini comme une démarche d’appui, aux initiatives existantes, en faveur de la transition écologique, économique et sociale qui vise à comprendre le vivant, innover par le vivant et cohabiter avec le vivant. Dynamique émergente, il s’articule autour de trois domaines d’actions indépendantes : comprendre le vivant, innover avec le vivant et cohabiter avec le vivant.
Domaines d’actions
- Comprendre le vivant : Cet axe explore la biodiversité des écosystèmes forestiers via le prisme de la bio-inspiration. A travers des cas d’étude, il montre qu’il est notamment possible de s’intéresser à la biologie des arbres pour imaginer par exemple des fondations de bâtiment moins impactantes pour les sols ou encore des protections solaires pour la peau plus durables. Le biomimétisme forestier est donc un puissant levier de valorisation de la connaissance extraite de ces écosystèmes ;
- Innover avec le vivant : Cet axe suggère pour chacun des grands enjeux auquel la filière forêt-bois fait face, des perspectives de résolution nouvelles, à partir d’un panel de concepts innovants ciblés issus du monde de la biologie. Pratiques de gestion forestière, valorisation de la ressource bois, monitoring et suivi des forêts, gestion de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique : la biomimétique ouvre de nouveaux horizons technologiques et économiques. De plus, sa nature intrinsèquement collaborative favorise l’émergence de partenariats inédits entre acteurs du territoire ;
- Cohabiter avec le vivant : Cet axe invite à faire converger les deux premières dimensions du biomimétisme forestier dans une vision systémique du territoire. Il propose d’explorer ce que la forêt peut enseigner en termes de dynamiques d’interdépendance, de gestion des ressources et de résilience pour imaginer de nouvelles manières d’aménager le territoire et d’organiser les filières économiques durablement.
Un territoire laboratoire
Situé à cheval entre les Régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, le Parc national de forêts est un territoire représentatif des régions forestières feuillues de plaine. La filière forêt-bois y est un secteur historique et essentiel. Du fait de sa position géographique, de son statut et de sa mission, il émerge comme un territoire d’expérimentation privilégié des différentes dimensions du biomimétisme forestier.
Exemple de réalisation
Zébram, entreprise basée dans les Vosges (88), développe du « linge de lit actif » pour répondre aux besoins de confort de ses utilisateurs. L’innovation principale de l’entreprise est l’intégration de charbon actif au tissu du linge de lit afin de lui conférer divers bienfaits. Il a également été développé une solution inspirée de la nature : le revers « hotfoot » pour un maintien thermique des pieds, accélérateur d’endormissement et réducteur de réveils nocturnes.
Encore très jeune, l’entreprise Zébram prévoit un sourcing issu de produits végétaux du Parc national, de contribuer à régénérer l’écosystème forestier et de réduire l’empreinte carbone de ses produits.
Quel potentiel socio-économique à horizon 2035 sur le territoire ?
En se basant sur les trois domaines d’actions :

- Comprendre le vivant : S’inspirer de l’écosystème forestier pour de l’innovation bio-inspirée dans d’autres secteurs, hors sylviculture, comme la construction, l’industrie automobile ou la fabrication de matériel de transport ;
- Innover avec le vivant : Potentiel de transformation et accompagnement des secteurs qui dépendent directement ou indirectement de la forêt, comme la sylviculture, le travail du bois ou l’imprimerie ;
- Cohabiter avec le vivant : Activités qui sont en lien avec la nature ou dépendant des services écosystémtiques : traitement de l’eau, construction, agroforesterie, art et divertissement, activités récréatives.
Pour tous ces secteurs et pour toutes les entreprises qui s’inscriront dans la démarche, les bénéfices seront la création d’emplois et la hausse de la valeur ajoutée.
Comment favoriser le développement du biomimétisme forestier ?
Un centre physique est nécessaire pour initier et développer une dynamique et des synergies sur le territoire autour du biomimétisme forestier. Néanmoins, des conditions de maturité du sujet et la mobilisation des acteurs ne semblent pas réunies pour envisager ce scénario.
Par conséquent, un scénario alternatif apparaît plus réaliste à court/moyen terme avec un centre de ressources sur le biomimétisme forestier, concentré sur la mise à disposition et la diffusion de connaissances, ainsi que l’animation.